Le musée de Douai n'a pas (encore) de sculptures grecques ... Qu'à cela ne tienne, Aristodème au tombeau de sa fille de Théophile BRAS, une œuvre néoclassique du XIXè s. s'en inspire tellement !
Le langage néo-classique par excellence est celui de l'allégorie. Elle est parfaitement adaptée à la transcription de l'idéal. Le grand style sera inséparable de l'exemple antique. Le nu et le colossal sont indispensables. En rendant le nu, avec la précision des contours des anciens, le but de l'artiste est d'être naturel, non naturaliste. Il insiste sur la pureté essentielle du nu, il représente l'homme dépouillé de toutes les apparences trompeuses, libéré des entraves du temps. La carrure athlétique conditionne le regard et se conjugue à la retenue des passions. Théophile Bra illustre bien cet imaginaire mythologique garant d'une tradition, avec Aristodème au tombeau de sa fille, roi de Méssénie, qui, après avoir exécuté sa fille, se donne la mort à son tour sur son tombeau. Le plâtre concourt au salon de 1819. Apprécié par le roi, celui-ci en commande un marbre dont il fera don à la ville de Douai".
Françoise Baligand, la sculpture au XIXè s. au musée de la Chartreuse de Douai